Le père du Close combat

Le père du Close combat
Le close combat (littéralement en anglais, combat rapproché) ou CQC (Close Quarter Combat) a été développé notamment pendant la Seconde Guerre mondiale par des militaires anglo-saxons sur la base des arts martiaux japonais (Karaté, Judo, et Ju Jitsu essentiellement). Son créateur est communément réputé être le Major britannique W. E. Fairbairn. Il exposa une compilation de techniques de Close-Combat dans son ouvrage "Get tough !" (littéralement : "deviens fort").

Pour une approche réactualisée et moderne du close combat, on pourra utilement se référer à la Fédération des clubs de close combat et au récent ouvrage technique Le Close-Combat, Techniques et Entraînements, paru aux éditions Chiron.

La terminologie du close combat est élaborée en langue anglaise, a contrario du vocabulaire oriental habituellement rencontré dans les arts martiaux traditionnels.

Le close combat classique ayant été créé pour la guerre (contrairement aux "sports de combat"), il se caractérise par un amalgame de techniques incapacitantes ou mortelles, toutes basées sur des habiletés motrices simples, et visant exclusivement à mettre hors d'état de nuire un ennemi:

le plus vite possible

le plus efficacement possible

par tous les moyens possibles (mains nues, armes, objets divers utilisés comme armes)
Dans un combat pour survivre (de type non sportif), le seul but est d'éliminer la menace avant que celle ci ne nous élimine. La logique fondamentale du close combat est donc diamétralement opposée à celle des "sports de ring", qui tendent à prolonger l'événement un certain temps.

L'esprit du close combat est celui d'un engagement physique qui ne se veut pas symétrique avec un échange de coups (comme dans un duel), mais au contraire asymétrique. En close combat, le combattant cherche systématiquement à prendre l'initiative de l'assaut, puis à écraser l'ennemi sans concession. La défense est donc toujours un pis-aller (récupération de l'initiative) visant à rétablir l'action offensive. En close combat par exemple, le déplacement au sol est toujours avançant (forward drive).

Les techniques de combat à mains nues employées en close combat sont typiquement les plus dangereuses, les plus puissantes, et les plus simples que puisse générer le corps humain. Ces techniques sont choisies et adaptées pour marcher dans des conditions de stress maximum, et sur quelqu'un qui ne se laissera pas faire.

Le close combat est par nature extrêmement violent au regard des critères de jugements "normaux", car il est prévu pour fonctionner dans un cadre qui n'est lui-même plus "normal" (combat à mort).

Cette convergence autour d' un objectif stratégique focalisé (l'élimination de la force adverse) tend à faire émerger un noyau constant de couples de "gestes d'attaque / cibles anatomiques" (techniques visant à endommager les yeux, briser la nuque, casser les genoux, écraser la gorge etc).

En tant que système orienté vers un objectif stratégique, le close combat compose nécessairement un ensemble ouvert capable d'intégrer toute nouvelle donnée capable d'en améliorer l'efficacité. Il s'oppose également en ce point aux styles traditionnels qui sont des systèmes fermés (codifiés), et qui tendent à se dupliquer entre professeur et élève, identiquement à eux mêmes .

La méthode résultante du close combat est à la fois très facile à apprendre (quelques semaines) et effroyablement efficace (coups mutilants), ce qui ne la rend pas particulièrement populaire dans les cercles d'arts martiaux traditionnels.

Néanmoins, le close combat n'est pas aussi éloigné de la "voie du guerrier" que ce que l'on pourrait croire en première approche. La finalité profonde du combat étant, qu'on le veuille ou non, de survivre.


# Posté le dimanche 09 septembre 2007 07:25

Modifié le mardi 03 juin 2008 13:18

Défense personnelle

Le terme défense personnelle, ou le terme anglais self-defense, désigne l'ensemble des techniques de combat pour faire face à une attaque lorsque l'on est désarmé. On parle aussi parfois de combat rapproché (close combat). Le terme « autodéfense » a étymologiquement la même signification, mais renvoit plutôt à une défense armée.

L'enseignement de la défense personnelle est souvent basé sur des arts martiaux comme le jujutsu, le karaté, l'hapkido, le kali escrima, le pencak silat, le jeet kune do ou la savate, avec toutefois une différence de taille : les arts martiaux, comme tous les sports, portent une attention particulière au respect de l'adversaire, parfois même nommé « partenaire » ; dans la défense personnelle, le but est de faire cesser l'attaque avant d'être maîtrisé, blessé ou même tué, le plus rapidement possible. S'il y a un respect rigoureux de règles de sécurité pendant l'enseignement et l'entraînement, avec utilisation d'armes factices et port de protections, l'application réelle se fait sans respect aucun de l'attaquant, puisque celui-ci ne respecte pas sa victime.

Le grappling sportif et le grappling de combat devraient être considérés comme deux choses différentes .[...] Dans le grappling sportif, tout se base sur le fait de gagner des points [...]. Dans l'entraînement au grappling de combat, on essaye de faire comprendre au pratiquant que ces règles doivent être oubliées. [...] Le grappling de combat utilise un grand nombre de ces techniques considérées comme « illégales ». [...] Dans le grappling de combat, l'objectif est d'éliminer l'adversaire rapidement, de se récupérer et d'être capable de continuer de se battre contre d'autres adversaires.
Sgt Aaron Orta (US Marines), Budo International n°124 (octobre 2005), éd Budo International Publishing Co
Il faut toutefois souligner que d'un point de vue légal, la réponse doit être proportionnée à l'attaque, et que l'on ne peut être considéré en légitime défense que si l'on est attaqué en premier.

La défense personnelle s'attache à utiliser au mieux l'environnement et à utiliser les objets qui nous tombent sous la main : ceinture, chaise, bouteille d'eau...

Les enseignements sérieux ne se limitent pas à l'enseignement des techniques de combat, mais concernent aussi à la gestion des situations tendues — éviter l'affrontement par le comportement et la parole — et l'aspect juridique (légitime défense).

Dans les pays où l'État n'arrive pas à endiguer la criminalité et où les citoyens ressentent une forte insécurité, le défense personnelle peut prendre une forme armée, sous la forme de milices civiles ; dans certains cas, ces groupes d'autodéfense sont des bras armés de partis politiques et sont le prétexte de violences politiques.

Défense contre une agression individuelle

Efficacité directe et arts martiaux traditionnels

Les arts martiaux traditionnels ont été développés durant des siècles de guerres, où les combattants étaient réellement confrontés à la mort ; ils sont donc issus d'une longue expérience et ont prouvé leur efficacité.

Ils se sont cependant transformés entre le XVIIe et le XIXe siècle par trois phénomènes :

des périodes de paix, notamment la période Tokugawa au Japon ;
l'arrivée des armes à feu, les corps-à-corps devenant des situations mineures dans les guerres ;
la modernisation des société, s'accompagnant parfois d'un oubli des traditions.
Ainsi, la savate qui était un combat de rue est devenu une boxe bourgeoise, les arts martiaux d'Extrême-Orient se sont détournés de la violence, et l'on est passé du combat à mort à des compétitions sportives régulées.

Or, la préoccupation de la défense personnelle est bien l'efficacité immédiate. À ce titre, les arts martiaux et sports de combats semblent parfois éloignés des situations réelles. Un certain nombre d'experts ont donc décidé de reprendre l'héritage des arts martiaux mais les retravaillant à partir de situations probables :

en utilisant des protections (casques, coquille, gants) afin de porter des coups réels et d'habituer les pratiquants à la violence des attaques ;
en utilisant des armes factices (couteaux en mousse, faux pistolets) ressemblant aux armes réelles afin d'apprendre à gérer le stress, la peur.
Pratiques que nous qualifierons « d'applicatives ».

Toutefois, la pratique d'arts martiaux traditionnels reste souvent la base nécessaire de l'enseignement :

« Q : [...] Est-ce que ces mouvements sont vraiment efficaces d'un point de vue martial ?
R : Pour répondre, prenons l'exemple de l'enseignement scolaire. Si les élèves n'étudiaient que les sujets faisant l'objet du concours, leur éducation serait inappropriée et incomplète . [...]
Nous pratiquons les techniques à genoux qui n'ont aucune application pratique dans la société moderne [...], il n'est pas possible de trouver une application pratique à tous les mouvements, mais s'entraîner sur les bases peut finalement aider à développer la capacité qui permettra de trouver une réponse appropriée en situation réelle. »
Aïkido officiel — Enseignement fondamental, Ueshiba K., Ueshiba M., éd. Budo Éditions, p. 18
Dragon : [...] Un argument récurrent est le fait que les katas ne sont pas des techniques réellement applicables en combat. Qu'en pensez-vous ?
Maître Tetsuzan Kuroda : Les gens qui sont forts en combat le sont généralement naturellement, même s'ils ne pratiquent rien. L'entraînement en sports de combat leur permet juste de développer ces aptitudes. Les katas servent à imprégner le corps des théories et à le transformer. [...] Nous pratiquons afin d'arriver à un geste qui ne peut être arrêté, à rendre nos mouvements invisibles [imprévisibles], et à développer la capacité à saisir le moment où le partenaire a l'intention de bouger. [...] Il vaut mieux que les gens qui s'entraînent avec l'idée d'utiliser leurs acquis en bagarre [...] aillent faire des pompes et développer leurs muscles et leur endurance. Cela leur servira plus rapidement. [...] Lorsque deux individus combattent dans les sports de combat, ils opposent leurs qualités physiques. Nous cherchons à développer une sensibilité qui va nous permettre de sentir une attaque avant qu'elle ne se développe. [...] Mais avant de combattre, il est important de contrôler son corps.
Léo Tomaki, entretien avec Tetsuzan Kuroda, Dragon n° 23 p. 22, septembre 2007
Certaines personnes continuent toutefois à opposer les techniques de défense personnelle dites « modernes » aux arts martiaux dits « traditionnels », arguant que les derniers se sont éloignés de la réalité. Notons que dans un certain nombre de cas, il s'agit d'un argument commercial, d'une manière de promouvoir sa propre pratique avec des arguments du type « j'ai conservé le meilleur de la tradition pour rechercher l'efficacité maximale » ; par ailleurs, les mouvements traditionnels souvent ont été soigneusement étudiés, et leur modification, même si elle semble mener vers une plus grande efficacité, peut au contraire mettre le pratiquant en danger lors d'une application réelle.

Nous avons donc trois types de pratiques :

les pratiques basées sur le respect et le travail sur soi, comme les arts martiaux chinois dits « internes » (taiji quan, qi gong) et les budo traditionnels (aïkido, judo kodokan, karatedo shotokan), qui permettent de travailler les principes fondamentaux comme la gestion de la distance de sécurité, l'équilibre, la direction d'attaque ;
les sports de combat (boxes, karaté de compétition, tae kwon do, jujutsu...), qui permettent de travailler l'endurance à la fatigue et à la douleur, la rapidité, la gestion de la surprise ; cependant, du fait de la présence de règles, on assiste fréquemment à des situations peu réalistes comme par exemple des distances trop courtes (tous les coups n'étant pas permis) ;
les pratiques applicatives, centrées sur les simulations de situations réelles (le close combat, le kali, le krav maga, systema et le jeet kune do), et de nombreux cours portant simplement le nom de self-defense.
La notion d'efficacité doit aussi s'aborder dans la notion de diffusion vers le public. Les sports de combat et les pratiques applicatives peuvent sembler plus efficaces, mais vont rebuter de nombreuses personnes en raison de la peur de la douleur, du sentiment d'échec, de l'effort physique réclamé. Une personne pratiquant un art « doux » sera certes moins préparée à la violence d'une attaque réelle qu'une personne pratiquant un art « dur », mais elle sera mieux préparée qu'un non-pratiquant. Lors d'une agression, elle gèrera mieux les distances, tombera sans se faire mal (évitant d'ajouter la blessure de la chute à celles des coups) et se mettra en boule durant le tabassage, là où un non pratiquant sera plus gravement atteint. La personne aura donc mieux préservé son intégrité physique et psychologique, l'art « doux » aura donc été efficace.

Notons enfin que certains spécialistes dénoncent dans des articles des méthodes irréalistes dans des enseignements modernes et applicatifs, comme par exemple des erreurs dans la position des pieds, pouvant induire une position instable, ou un désarmement d'une personne armée d'un pistolet dans lequel on ne saisirait que l'arme et pas la main (Uri Kaffe, entretien avec Avi Bardia, Budo International n° 120, mai 2005, éd. Budo International Publishing Co.).


Règles générales

Bien que différentes pratiques soient enseignées, elles répondent toutes aux mêmes contraintes, on peut donc tirer quelques règles générales.

La première règle est :

Même si vous agissez de la meilleure manière possible, il y a toujours une possibilité d'échec.
L'échec étant ici de se faire blesser ou tuer. Partant de là, il faut distinguer deux situations, selon que la personne faisant usage de la défense personnelle est un quidam ou bien un professionnel de la protection des personnes (policier, vigile, militaire, garde du corps...).

Parfois, nous sommes tué, même lorsque nous faisons tout correctement. La vie est différente de ce que nous croyons connaître. En réalité, tout peut arriver et bien que nous ne commettons aucune erreur, quelque chose peut toujours nous surprendre.
Uri Kaffe, entretien avec Avi Bardia, op. cit.
[...] soyez prêt à être blessé. [...] L'objectif [du vétéran expérimenté] est de s'en sortir victorieux avec le moins de lésions possibles et moins graves que celle de son adversaire.
Sifu Vincent Lyu, Budo International n°129 (mars 2006), éd. Budo International Publishing Co.
Les considérations qui suivent se placent dans le cadre d'un quidam.

Les méthodes de défense personnelle montrent des techniques de désarmement, mais le désarmement n'est pas une fin en soi. Ces techniques sont nécessaire si l'assaillant porte effectivement un coup. Mais le but de la défense personnelle est de préserver son intégrité physique :

La seule attitude raisonnable face à un agresseur armé est d'obéir à l'agresseur.
En effet, la plupart du temps, l'agresseur montre son arme pour obtenir quelque chose (argent, objet de valeur, viol), il n'a pas l'intention de se servir de son arme, celle-ci sert à faire peur. Obéir aux injonctions de l'agresseur permet en général de s'en sortir indemne. Une personne résolue à tuer n'a aucune raison de montrer son arme, elle en ferait usage avant que l'on puisse s'en apercevoir donc réagir (tireur embusqué ou sniper, tueur à gages, règlement de compte dans le milieu du crime organisé...).

Comprenez bien que si vous voyez l'arme, il est probable que l'agresseur n'ait pas l'intention de tirer sans plus, l'agresseur veut quelque chose. [...] Se défendre ou ne pas se défendre. S'il vous demande de l'argent, ne résistez jamais et restez en vie ! Vous ne devez vous battre que lorsque votre vie ou celle de vos proches est en danger. Les cimetières sont remplis de héros.
Uri Kaffe, entretien avec Avi Bardia, op. cit.
Le fait de satisfaire l'agresseur va par ailleurs faire baisser la tension nerveuse, il sera d'autant moins enclin à passer à l'acte, alors qu'une résistance pourrait au contraire l'énerver. Les caissiers et guichetiers sont en général formés à la gestion d'attaques à main armées. Les recommandations sont en général d'obéir et montrant que l'on a compris (« Oui, je vous donne la caisse »), en laissant ses mains apparentes, en faisant des gestes calmes et non ambigus.

Cependant, l'agresseur peut montrer son arme et s'en servir tout de même, par exemple dans le cas d'une personne déséquilibrée mentalement, d'une personne ayant planifié l'homicide (assassinat) mais qui va tarder à passer à l'acte, d'une personne voulant faire peur mais qui elle-même paniquerait et passerait à l'acte... Dans ces cas-là, si malgré les précautions l'agresseur attaque effectivement, le désarmement peut en effet être la meilleure manière de se protéger.

Si on vous attaque avec une arme blanche, on vous coupera. Les coupures sur les bras et les jambes peuvent être douloureuses, mais en général elle ne sont pas mortelle (Ndlr : sauf si une artère ou une veine importante est touchée ; par ailleurs, certaines blessures ont des conséquences irréparables : douleurs chroniques, perte d'un ½il, amputation...). [...] Esquivez les coups de couteau et approchez vous et détruisez immédiatement, même si en le faisant, vous risquez de vous blesser au bras ou au visage.
Sifu Vincent Lyu, op. cit.
[Lorsque l'on est menacé par une arme à feu], si nous réalisons un mouvement rapide, pour [lui] arracher [l'arme] des mains et s'il se trouve que le criminel a le doigt sur la gâchette — ce qui est presque certain — nous pourrons le surprendre en provoquant un mouvement réflexe (l'action involontaire d'appuyer sur la gâchette, dû à la contraction des muscles).
Jim Wagner, Budo International n°129 (mars 2006), éd. Budo International Publishing Co.
La fuite est préférable à l'affrontement.
Même en cas d'affrontement non armé, il y a toujours un risque d'être blessé ou de mourir, par exemple en raison d'un choc sur la tête, d'une chute, d'un bris de verre, ou de la présence d'un complice armé.

Cela avait été l'autre drame du jeudi 27 octobre 2005. À Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), [...] quatre jeunes s'en prenaient à un homme qui photographiait un lampadaire dans le quartier d'Orgemont. Transporté à l'hôpital, Jean-Claude Irvoas, 56 ans, devait mourir de ses blessures dans la nuit. [...] « Initialement, les jeunes voulaient voler l'appareil [photo]. Mais après, tout devient plus flou » [...] . L'homme a défendu son bien et a réussi à mettre un des agresseurs à terre. Il s'est ensuite dégagé, poursuivi par deux personnes dont une lui a alors asséné un coup à la tête qui l'a laissé étendu sans connaissance.
Benoît Hopquin, Le Monde, 27 octobre 2006
Sergio Vantaggiato a été déclaré hier soir en état de « mort cérébrale ». Dimanche soir, [...] dans les couloirs de la station de métro [...] deux hommes lui dérobent son sac à dos et prennent la fuite. Il décide alors de se lancer à leur poursuite, parvient à rattraper un des voleurs [...]. Dans l'empoignade, le journaliste chute lourdement au bas des marches. Victime d'un traumatisme crânien et perdant beaucoup de sang, il est évacué par le Samu vers l'hôpital [...]
Christophe Lehousse, Libération n° 8171, p. 9, 15 août 2007
L'option de la fuite est bien sûr à pondérer : il y a des cas où la fuite est impossible (incapacité physique, configuration des lieux) ou pas souhaitable (par exemple la personne est accompagnée d'un enfant qui ne pourra pas fuir efficacement).

Lorsque l'affrontement à lieu, si l'agresseur n'est pas armé d'une arme à feu, les principaux paramètres à gérer sont :

la distance de sécurité : si l'on réussit à maintenir une distance minimale (supérieure à l'allonge du bras et de l'arme), cela permet d'avoir le temps de réagir aux coups ; par ailleurs, plus l'adversaire a de distance à parcourir pour toucher, plus il va se mettre en situation de déséquilibre, ce qui pourra être exploité ;
la gestion de la distance en situation de stress nécessite un entraînement ;
obtenir de l'aide, par exemple en criant pour prévenir ;
la configuration des lieux : ne pas se retrouver coincé sans espoir de fuite ; ceci est en particulier compliqué s'il y a plusieurs agresseurs (risque d'encerclement).

Armes sub-létales

Des armes ont été développées afin de provoquer une incapacité temporaire tout en limitant les effets néfastes. Ces armes sont dites « sub-létales », ce qui signifie qu'elle ont un potentiel mortel faible, mais on ne peut pas assurer que la personne ne risque pas de mourir, ne serait-ce que lors d'une chute consécutive à l'utilisation de cette arme.

La faible dangerosité fait que ces armes peuvent parfois être possédée sans autorisation spéciale ; cela en fait des « armes de défense » idéales, mais aussi des armes d'attaques, l'agresseur encourant une peine moins importante s'il se fait arrêter.

L'exemple le plus commun est la bombe lacrymogène ou à gaz poivre.

Il faut se méfier :

des lieux clos, en particulier si le nuage est peu directif ;
du vent et des courants d'airs, appels d'air.
Voir l'article Arme non létale.


Défense personnelle armée

La défense personnelle armée, ou autodéfense, pose un problème complexe : dans quelle mesure cette défense n'est pas elle-même un trouble à l'ordre public ?

D'une part, le fait de détenir et de transporter une arme est en soi un risque ; même si celle-ci n'est destinée qu'à la défense contre une attaque à main armée, rien ne garantit

qu'on ne l'utilisera pas contre une attaque à main nue ;
qu'on ne l'utilisera pas hors du domaine de la légitime défense, pour commettre un homicide, éventuellement pour se faire justice soi-même (autojustice) si l'on considère que l'État ne joue pas son rôle ;
qu'il n'y aura pas de blessé ou de mort par accident :
jeu d'enfant : pour protéger les enfants, les armes doivent être sous clef, et pour les armes à feu, les munitions sous clef dans un endroit séparé ; mais alors l'arme n'est plus accessible en cas d'attaque, par définition inoppinée ;
perte de contrôle de soi : soirée arrosée, coup de colère, problème psychiatrique ;
fausse alerte : la personne se réveille la nuit en entendant du bruit, mais il s'agit d'un membre de la famille ;
balle perdue.
De nombreux pays considèrent que le risque d'agression est moins important que le risque de mortalité si tout le monde possède une arme à feu. Les statistiques montrent en tous cas une corrélation entre réglementation du port d'arme et faible criminalité : des pays où le port d'arme est très réglementé, comme la France et le Royaume-Uni (0,7 homicide pour 100 000 habitants), ont un taux d'homicide très bas par rapport à des pays où le port d'arme est libre, comme les États-Unis (6,2 homicides pour 100 000 hab. ; voir aussi à ce sujet le film Bowling for Columbine de Michael Moore).

Dans les pays où le port d'arme est réglementé, seules certaines catégories de personnes sont autorisées à détenir et transporter une arme, en général les forces de l'ordre (mais il existe certaines catégories non armées, comme certains policiers britanniques ou les policiers municipaux français) et à certaines profession à risque, comme le transport et la detention de valeurs (transport de fonds). Les citoyens peuvent en général posséder des armes de collection ou des armes de chasse avec nécessité d'avoir un permis.

Le situation est plus compliquée dans les pays où l'État n'arrive pas à endiguer la criminalité.

L'efficacité de la possession d'une arme repose en fait essentiellement sur la dissuasion. Et entraîne le risque d'une escalade de la violence.

Démo : HAPKIDO(Cheong Kyum Kwan) adapté au forces de l'ordre et de sécurité Coréenne

# Posté le mardi 11 septembre 2007 12:00

Modifié le vendredi 03 octobre 2008 12:32

UTILITE ET OPPORTUNITE DE LA SELF DEFENSE

Poser la question c'est déjà y répondre car la seule réponse sensée et rationnelle à une agression est d'éviter celle-ci. C'est ainsi que l'on peut affirmer que 99 % des réponses à une attaque sera la gestion de cette attaque avant et pendant en évitant tout contact et tout conflit physique.

Cela peut sembler une évidence et nombreux sont ceux qui penseront qu'il n'est pas besoin d'être spécialiste pour arriver à ce genre de conclusion.
Or, l'étude du comportement des victimes, et notamment par la lecture de leurs dépositions de témoignage ou de plainte contre les auteurs de violences, permet de déduire que ces personnes, qui peuvent être nos proches ou nous-mêmes, ne font pas grand-chose pour se mettre à l'abri d'une agression, que ce soit en amont ou au c½ur de celle-ci.

Cela nous conduit tout naturellement à envisager les différentes options de réponse d'une victime face à une agression. Elles sont au nombre de quatre :

a) la fuite
b) la négociation
c) la résistance
d) enfin, la solution optimale : la gestion en amont.

EVALUATION DE L'OPPORTUNITE DES DIFFERENTES OPTIONS

La fuite

Elle doit représenter 90 % des possibilités de réponse à une agression. Elle doit rester la seule riposte raisonnable à une attaque injustifiée. Or, trop souvent, la fuite est condamnée par la morale comme étant la cristallisation d'une peur méprisable et la preuve d'une couardise bien cachée en temps normal.

Cela est d'autant plus regrettable et stupide que dans une agression intervient la notion de survie et non pas de duel et que c'est ce comportement machiste qui est à l'origine de l'enferment des victimes dans une situation d'orgueil parfaitement suicidaire qui les met à la botte du ou des agresseurs.

Eviter le contact physique et s'éloigner du lieu et des auteurs de l'agression est de toute évidence la première réaction logique à avoir : c'est le réflexe de base des animaux de toutes sortes, dont nous ne sommes qu'une espèce, de se mette à l'abri du danger et de s'en écarter.

Ce comportement s'adresse d'ailleurs également aux personnes susceptibles de pouvoir se défendre. En effet, même un sportif rompu aux techniques de combat et ayant l'assurance de pouvoir rosser le ou les roquets accrochés à ses basques, n'aura aucun intérêt à déclencher un conflit ouvert car même après une victoire éclatante sur l'adversaire, il lui sera très difficile de retrouver un calme et une jovialité lui permettant d'apprécier la soirée qu'il avait débutée avec des amis et qui était destinée à le faire décompresser et à lui faire oublier les tracas de la vie de tous les jours.

Une chose est sûre : même battu, neutralisé, voire humilié, l'agresseur sera arrivé à ses fins : entrer dans votre vie.

Si c'est pour échapper à un traumatisme grave ou à un vol, il est concevable de prendre des risques ; mais, très souvent, c'est uniquement par peur du qu'en dira-t-on que la victime d'une agression refuse d'éviter l'affrontement et de prendre toutes les dispositions qui vont lui permettre de se mettre à l'abri.

Souvent la peur de courir et d'être mal jugée l'emporte sur l'instinct de conservation. C'est pourtant le meilleur moyen de mettre un attaquant dans une situation qui d'abord, ne lui permet pas de commettre son forfait et l'expose ensuite à des risques d'interpellation d'autant plus grands que sa tentative s'étale dans le temps et dans l'espace.

Loin d'être un réflexe de peur condamnable, la fuite doit être la réaction la plus appropriée à une agression. Elle ne signifie pas pour autant la soumission à une attaque injuste car la riposte la plus judicieuse à un agresseur est de prévenir immédiatement les services locaux de lutte contre la criminalité ( en faisant le 17 ), en communiquant tous renseignements susceptibles de permettre son arrestation et de le conduire devant les juridictions compétentes.

Là encore, rien ne vous oblige à rencontrer le délinquant autrement qu'à travers une glace sans tain et des dispositions légales ont été prises pour que celui-ci ne puisse pas connaître le domicile de ses victimes ou des témoins.

Il est donc faux de croire que ces derniers feraient l'objet systématiquement de menaces. Ce genre de pression sur les acteurs d'un procès est très sévèrement puni par la LOI. , souvent plus durement d'ailleurs que l'infraction initiale. C'est, de toutes façons, un cas de figure très rare en regard des infractions traitées et cela est bien compréhensible.

En effet, autant le délinquant pourra tenter d'impressionner sa victime avant ou pendant l'agression, autant, une fois interpellé, il perdra immédiatement de sa superbe quand il entrera dans le moule du système judiciaire où il se retrouvera seul face à l'appareil répressif et à son avenir.

Les menaces de matamore qu'il adresse donc souvent à ses victimes et aux témoins sont destinées justement à couvrir ses arrières et à maintenir ses interlocuteurs dans un contexte de peur pour éviter les conséquences pénales de son geste, un peu comme la dernière tirade d'un acteur sortant de scène.

Mais si la fuite est la formule idéale pour s'éloigner physiquement de l'attaquant, elle peut ne pas s'avérer suffisante si ce dernier poursuit sa victime. Il convient donc de courir mais de le faire dans des directions précises pour ne pas se retrouver dans un coin plus isolé que celui que l'on vient de quitter ou dans une impasse.

Or, l'observation de notre univers vital comme des procédures diligentées pour des faits de violences, crapuleuses ou gratuites, nous conduit à constater qu'il existe de nombreux refuges où les victimes, par affolement ou manque de réflexe, n'ont pas su se rendre.

Les refuges

Nous avons tous en tête des souvenirs de film où la victime apeurée se dirige vers un parking souterrain, se cache dans un renfoncement d'escalier, sous une voiture, dans un placard, pour tenter d'échapper à un tueur psychopathe à l'allure encore plus inquiétante que la musique qui l'accompagne et qui se promène en portant ostensiblement et en toute impunité une hache impressionnante ou un couteau de boucher ensanglanté aux dimensions incroyables.

Ce scénario, pour classique qu'il soit, n'est pas éculé et nombre de victimes affolées ont choisi la pire des directions le jour où elles ont été agressées. La lecture de leurs plaintes et l'étude du lieu de l'agression le prouvent.

Dans ce domaine comme dans bien d'autres, il existe des règles : toujours aller vers la lumière plutôt que l'obscurité, vers la foule plutôt vers le lieu désert, vers la surface plutôt que vers le confinement.

Ecartons immédiatement les lieux évidents comme les locaux des services de secours de toutes natures, Police, Gendarmerie, Pompiers, administrations diverses, qui très souvent ne sont pas si éloignés que cela des lieux d'une agression.

Envisageons tous les commerces, de quelques natures qu'ils soient, qui en milieu urbain sont légion quelle que soit la situation géographique d'une personne.

Même si la majorité de ces commerces sont fermés la nuit, il en est toujours qui restent ouverts: bars, boîtes de nuit, sandwicheries, boulangeries, stations taxis...

Il parait peu vraisemblable qu'un agresseur poursuive sa victime à l'intérieur d'un commerce où le responsable, sans parler des clients, même s'il n'est pas enchanté de s'interposer, se dépêchera d'alerter les secours, autant par sens civique que pour se préserver lui-même ou pour préserver son investissement et sa clientèle.

Même en présence d'un tenancier exceptionnellement veule ou dénué de sens civique, le fait de taper sur une porte vitrée d'établissement en appelant au secours, finira par donner un résultat, soit en interpellant une personne qui finira par intervenir ou donner l'alerte, soit en effrayant le délinquant qui préférera abandonner son coupable projet plutôt que de risquer une arrestation justifiée.

L'abandon d'une agression par son auteur est conditionné par la peur du gendarme mais aussi par la disparition de motivation initiale comme la méchanceté pure et gratuite ou l'appât du gain. S'il est difficile d'influer sur la première motivation autrement que par la peur ou la douleur, il est plus facile de gérer la violence générée par la volonté coupable d'un voyou d'acquérir un bien : ...tout simplement en cédant ce bien.

La négociation

Cette solution, pour surprenante qu'elle puisse paraître, entraîne une mise au point et deux réflexions :

Tout d'abord, pour ceux, nombreux, qui ne manqueraient pas d'être surpris par cette attitude de soumission à un voleur, nous reprendrons la mise au point faite au début de cette étude : notre but est de sortir le plus indemne possible d'une attaque injustifiée et non pas de jouer les redresseurs de tort de cinéma en rossant systématiquement les voleurs.

D'autre part et dans le même esprit, il apparaît ridicule et suicidaire de résister jusqu'au bout à la soustraction frauduleuse d'une valeur en s'exposant à des blessures qui, après analyse, engendreraient un traumatisme bien supérieur à la perte du bien convoité.

Il ne s'agit pas de ne pas résister à un voleur, il s'agit de comparer la valeur du bien à défendre et les risques encourus.

En clair, une fois l'évaluation de la situation faite, de la manière le plus lucide possible dans ce genre de contexte, et notamment en ce qui concerne la détermination du ou des auteurs du vol avec violences, il est urgent de décider s'il ne vaut pas mieux céder l'objet convoité plutôt sciemment qu'inconsciemment.

Enfin, pour étayer la nécessité de négociation plutôt que de résistance à l'auteur de violences crapuleuses, l'argument le plus significatif autant que caricatural est celui fourni par le sac de ces dames...

En effet, il faut avoir pris une plainte de vol de sac à main et en avoir dressé l'inventaire, pour comprendre à quel point il peut nous arriver de prendre des risques inconsidérés en emportant sur nous des tas de documents administratifs aussi précieux qu'inutiles sur le moment.

Une femme qui fait ses courses, même si son sens civique la pousse à avoir de quoi justifier de son identité, n'a certes pas besoin d'emporter dans son sac sa Carte Nationale d'Identité, son passeport, son permis de conduire, les papiers de son mari, de ses enfants, leurs carnets de santé, le livret de famille, les carnets d'épargne de toute la famille, une carte bancaire, voire plusieurs, un carnet de chèques, tous les trousseaux de clefs, et que sais-je encore...

Tous les fonctionnaires affectés à la lutte contre le crime savent que cette description est loin d'être exagérée et qu'elle est même bien souvent éloignée de la réalité tant les sacs de ces dames ressemblent à des tonneaux des DANAIDES en matière de documents officiels et de modes de paiement.
En conclusion, en ayant que le nécessaire ou l'indispensable à défendre, on a plus de chance de le sacrifier pour éviter un mauvais coup.

Une fois de plus il ne s'agit pas de soumettre immédiatement à une demande crapuleuse mais, dans une situation extrême de danger, de préserver sa santé et celle de ses proches.

Il existe bien sûr un moyen efficace et quasi instinctif de retourner une agression et de la maîtriser, au moins jusqu'au moment où l'on pourra prendre la fuite, c'est le dialogue.

Cette solution n'est pas si désuète et inefficace qu'il pourrait le sembler de prime à bord. S'il est vrai que, souvent, une agression est très rapide et ne permet qu'une réaction de violence ou de fuite, surtout lorsqu'il s'agit de violences accompagnant un vol, il est des cas comme le viol ou les agressions dans des endroits très isolés, comme les parkings en sous-sol particulièrement désert à certaines heures, ou la discussion s'impose.

Au départ, elle est le seul moyen de gagner du temps pour organiser sa défense. Elle permet ensuite de jauger son assaillant et de tenter de trouver dans son piège une faille dans laquelle s'engouffrer pour prendre la fuite .

Elle peut enfin permettre de retourner son agresseur, de faire semblant de rentrer dans son jeu, de le convaincre de l'inutilité comme du danger de son entreprise aux conséquences judiciaires graves, voire de l'amadouer en lui faisant croire que l'on comprend ses motivations, que l'on est dans son camp et qu'il est donc inutile de nous faire du mal.

Cela peut paraître utopique de vouloir amadouer un individu prêt à être violent avec l'un de ses concitoyens pour obtenir facilement ce qu'il désire, mais l'expérience prouve que cela marche très souvent. Au moins, cela n'empêche pas le cerveau de continuer à fonctionner pour chercher une autre solution au problème qui nous est posé. Dans tous les cas, c'est une chance, si minime soit elle, qu'il faut tenter dans ces cas là... comme il faut tout tenter sans fausse pudeur ou sensiblerie quand il s'agit de survivre.

Ainsi, tout le monde trouverait normal de tenter d'amadouer un chien agressif décidé à nous déchirer les mollets, mais les gens ont des scrupules à discuter et à s'abaisser à négocier avec un délinquant en flagrant délit, même pour tenter de le contrer dans son entreprise.

Or, s'il est moralement difficile de s'abaisser à dialoguer avec un parasite social qui mériterait plus sûrement une infusion de nerf de b½uf que la compassion de ses contemporains, il faut comprendre que cette tactique est une ruse destinée à nous mettre à l'abri et qu'il faut considérer l'agresseur comme un animal enragé et non pas comme un être humain devant lequel on risque de perdre la face. En choisissant de mépriser les biens et les personnes de la société dans laquelle il vit, le voyou perd son statut de citoyen et d'homme respectable et devient un prédateur à qui nous n'avons aucun compte à rendre.

C'est d'ailleurs ce comportement de fauve féroce et sans pitié qui, une fois épuisées les tentatives de négociations, nous contraindra, trop souvent, à lui résister physiquement par tous les moyens. Mais là aussi, avant de prendre le risque d'un engagement physique dont les paramètres ne peuvent pas toujours être maîtrisés, il convient de tenter une nouvelle fois d'éviter le contact en faisant fuir notre attaquant.

Il existe deux sortes de solution pour cela :

1. la douleur par des techniques physiques,
2. la dissuasion en donnant l'alerte.

Nous allons donc, en premier lieu, faire un tour d'horizon des moyens qui permettent d'alerter les secours, en sachant que cette liste n'est jamais exhaustive et c'est dans ces circonstances de conflit que, depuis le début du monde le cerveau humain a acquis ses lettres de noblesse par sa faculté d'adaptation.

La résistance par :

a) ALERTE : cris ou alarmes :

b) Préambule : Avant de faire le tour des moyens de donner l'alarme, il convient de s'imprégner de la nécessité de le faire. En effet, en étudiant le comportement des victimes d'agression, il est déroutant de constater à quel point peu d'entre elles ont le réflexe d'appeler du secours. Cette attitude ne s'explique pas seulement par une paralysie des cordes vocales dues au traumatisme de l'agression. Il semblerait que notre civilisation ait atrophié ce réflexe naturel d'appel à l'aide et que l'agressé recule jusqu'au dernier moment ce qu'il considère comme une attitude honteuse.

On en revient toujours à cette attitude machiste stupide qui consiste à confondre le comportement d'un combattant sur un ring ou un tapis dans un affrontement librement consenti et protégé par un règlement et celui d'une victime qui subi l'agression d'un inconnu dans un endroit et à un moment qu'elle n'a jamais choisis.

Dans le premier cas effectivement on ne pourrait comprendre une attitude timorée de refus de combat chez un combattant inscrit volontairement dans un combat et préparé pour celui-ci.

Par contre, un citoyen tranquille et pacifiste rentrant chez lui n'a aucune honte à avoir à donner l'alerte pour se débarrasser d'un agresseur dont le comportement est par essence injuste et il est normal qu'il demande à ses contemporains de l'aide pour se débarrasser de la bête féroce qui entre dans sa vie par la force et la méchanceté.

Ce sentiment de honte est si fort que dans les stages de comportement contre une agression, il est très difficile d'arriver à faire crier au secours à froid à un stagiaire même si tout le monde est convaincu qu'il s'agit d'un simple exercice de mise en condition.

Or il est vital de changer cet état d'esprit car ce cap une fois passé, la victime potentielle, imprégnée de la nécessité impérieuse de s'opposer à une agression injuste, aura non seulement plus de chance de résister à un attaquant, mais aura également une détermination que tous les agresseurs seront reconnaître et qui bien souvent le mettra à l'abri des ennuis.

1. Voitures, sonnettes d'allée, commerces...
2. ROUGHT AND TRUMBLE
3. TECHNIQUES PHYSIQUES

Sur cette video : voici l'hapkido comme je le pratique et le conçois,c'est de cette façon que j enseignait dans mon club. hein Kiss lol. Et un système plus épuré pour le centre de formation pour agent de sécurité.

# Posté le samedi 22 septembre 2007 11:42

Modifié le samedi 03 novembre 2007 08:14

Silent Killing", l'histoire secrète des commandos

De nombreux systèmes de close-combat existent dans les armées modernes alors que la probabilité pour qu'un soldat se retrouve au corps à corps est « presque » une impossibilité dans la guerre des divisions blindées et des bombardements stratégiques... Il existe cependant des « exceptions » ou les techniques de close-combat peuvent réussir là ou une division blindée échouer.
Le CQC (close quarter combative) est composé de techniques martiales principalement adaptées à la survie en configuration militaire. L'objectif est toujours le même, quel que soit le style adopté : couteau, mains nues, et lutte. Il faut toujours utiliser les méthodes les plus brutales pour tuer son adversaire. Aujourd'hui, les systèmes militaires modernes tendent « idéalement » à être un « panaché » d'Eskrima philippin, de JKD (Jeet kune do) et de JJB (Ju Jitsu brésilien).


Le Ju jitsu brésilien développé par la famille Gracie dans les années 1910, est une évolution « autarcique » des techniques de judo du Kodokan avec une hyperspécialisation dans le combat au sol. Le terme « Ju Jitsu » peut porter à confusion, mais le judoka Maeda ( Count Koma ), qui introduisit sa technique en Amazonie, croyait (à tort) avoir été exclu du Kodokan pour sa pratique de combats professionnels. Il décida ainsi de désigner son style sous le terme de ju jitsu, bien que celui ci fût très différent de l'art des samouraïs... Car bien évidemment le JJB a plus de liens avec le Judo de Jigoro Kano qu'avec les techniques esthétisantes de ju jitsu du XIXe siècle. C'est cependant la mise en pratique des postulats du JJB au cours de combats libres au Brésil par Helio Gracie, Carlson Gracie, puis dans les reste du monde par Royce et Rickson Gracie à l'Ultimate Fighting américain et au Pride japonais, qui allait universellement faire connaître le JJB comme l'une des plus efficaces méthodes de combat libres sur ring.


Le Jeet Kune Do créé par l'acteur sino-américain Bruce Lee était une réaction au courant « esthétique » et « traditionnel » des arts martiaux chinois. Le JKD se traduit par l'application de « principes » d'efficacité maximale au détriment d'autres conceptions, il inclut donc dans sa pratique des techniques aussi variées que la capoera, la savate, le kung-fu, la danse, la boxe anglaise et la préparation physique.


L' Eskrima est une méthode de combat originaire des Philippines. C'est vers 1930 dans le club « Doce Pares » de la ville de Cebu, que le style moderne de l'Escrima s'est développé avant d'atteindre l'occident dans les années 1980 . A l'origine l'Eskrima est un art martial hybride qui réunit les systèmes de combat des guerriers philippins, mais aussi des concepts issus de l'escrime espagnole des conquistadores. L'entraînement de l'Eskrima vise à principalement à réagir et a s'adapter à n'importe quel type d'attaque avec armes ou sans armes. Le concept fondamental étant d'attaquer le bras armé en priorité afin d'annuler le puissance offensive de l'adversaire. Le CQC, qui donne la priorité à l'utilisation du poignard, tend ainsi à favoriser le système de combat au couteau des arts martiaux philippins puisqu'un homme armé d'une arme blanche est toujours avantagé par rapport à un adversaire non armé...


Cette combinaison de trois arts martiaux, dont chacun est complexe à maîtriser, apparaît cependant comme une version « utopique » du CQC ... Car les systèmes de close combat utilisés par les militaires obéissent tous à une règle précise : ils doivent être faciles et rapides à maîtriser. On voit ici une première contradiction avec la plupart des arts martiaux, qui nécessitent tous de nombreuses années de pratique, même pour les plus « faciles »... Les techniques militaires ont ainsi ce statut « étrange » d'être considéré comme extrêmement improbable lors d'une guerre moderne, tant il est évident que les armes à feu sont désormais maîtresses du champ de bataille. Il existe malgré tout une grande variété de CQC comme le T.I.O.R.( Techniques d'Intervention Offensives Rapprochées) de l'armée française, la O'Neill" method, développée pour l'OSS - Office of Strategic Services dans années 1930, le Preflight V-5 de l'US navy, le San Shou (sanda militaire) des Chinois, les dérivés du SAM créer en Union soviétique par V.A.Spiridonov en 1919 et dont sont issus les systèmes de Sambo militaire, le S.F.C (Special Forces combatives) des bérets verts, le Tukong Moosul, Kyuktooki & le Hapkido des Coréens du sud, le Kyuk sul des Coréens du nord, le Krav Maga militaire israélien, sans oublier le plus important de tous, le système des commandos britanniques crée par Fairnbain et connu sous le nom de « silent killing » ou « Gutterfigthing ».


C'est lors de la première Guerre mondiale que les armements modernes ont considérablement augmenté la distance d'engagement des belligérants. Il ne faudrait pas croire, cependant, que l'idée de se « rapprocher » de l'ennemi fut abandonnée, on note ainsi que la première Guerre mondiale à été paradoxalement une étape décisive dans la volonté de réduire la distance d'attaque entre les ennemis... Les campagnes d'attaques de masse s'étant montrées incapables de briser le front même au prix de centaines de milliers de morts comme à Verdun, sur la Somme ou au Chemin des Dames, c'est à cette époque qu'on tenta de contourner cette impasse en créant les premières unités d'élite de la guerre moderne. Ainsi, lors de l'offensive du Plateau de Californie, l'État major français lança dans la bataille les compagnies Shiltz et les chasseurs alpins basques chargés de détruire les bunkers allemands. La tactique de ces unités d'élite obéissait à une règle fondamentale : s'approcher le plus près possible de l'ennemi sans se faire remarquer. La nuit devint donc le principal champ d'action de ces unités. L'équipement dut s'éloigner de l'uniforme réglementaire, et s'adapter à cette nouvelle forme de guerre furtive. Le poignard devint un élément essentiel de l'armement avec les grenades, le pistolet automatique et le revolver. En France, les fameux corps francs décrits par Roger Vercel dans son roman « Capitaine Conan », s'illustrèrent dans des combats terrifiants en s'emparant de positions qui tenaient en respect des armées entières. La tactique était bien rôdé, intrusion furtive vers les lignes ennemies préalablement repérées, la progression se faisant sous le couvert d'un tir d'artillerie. Le commando de quelques dizaines d'hommes pouvait attendre des heures caché dans le no man's land, s'avançant centimètre par centimètre vers l'objectif, attendant l'aube afin de lancer une attaque fulgurante sur l'ennemi en saturant l'objectif de grenades pour désorienter l'adversaire et réduire les nids de mitrailleuses. L'assaut final se faisait au poignard et au pistolet en « bousculant » l'ennemi paniqué. Les Italiens avaient les redoutables « arditis » ( les hardis ), capables de missions « solitaires » derrières les lignes ennemies, ou d'assauts de groupes comme la spectaculaire attaque des nageurs de combats sur la rivière Piave ainsi que les combats du Monte Grappa en 1918. En Allemagne, les unités d'assauts, dans lesquelles servait l'écrivain Ernst Junger, s'étaient spécialisées dans le combat à la grenade et chaque soldat transportait un énorme sac rempli de dizaines de projectiles afin de « nettoyer » les tranchées. Les succès allemands furent spectaculaires lors de la seconde bataille du chemin des dames en 1918, qui faillit balayer les forces françaises juste avant que l'Allemagne de Guillaume II ne s'effondre...


Malgré leurs remarquables états de service, les États-majors voyaient d'un mauvais ½il ces unités aux méthodes peu orthodoxes. En France les corps francs furent dissous. En Italie les arditi rejoignirent alors les mouvements politiques de l'après-guerre, et les soldats des unités d'assauts allemandes se transformèrent en « freikorps » dans les luttes révolutionnaires de l'Allemagne vaincue.


Malgré les expériences de la première Guerre mondiale, il faudra attendre 1938 pour que les premières véritables unités commandos soient crées par les Allemands.


A la veille de la seconde Guerre mondiale, l'armée allemande est la seule à avoir qualitativement changé la tactique de ses unités de combat. L'apparition du pistolet mitrailleur schmeisser MP-40, avec sa portée maximale de 200 mètres, donnait au fantassin allemand une puissance supérieure à courte portée car son efficacité optimale se situait entre 10 et 50 Mètres. Les tactiques d'assauts consistaient dès lors à s'approcher le plus près de l'ennemi - d'ou l'importance des transports de troupes blindés- et de donner un assaut rapide et définitif. Le concept de guerre motorisée du blitzkrieg et ces nouvelles tactiques militaires se soldèrent par une écrasante supériorité à l'armée allemande. Lorsque les unités allemandes parvenaient à s'approcher assez près de l'ennemi comme lors de la bataille des Ardennes, la confrontation tournait souvent à l'avantage de ces derniers. Il ne s'agissait pourtant pas de corps à corps à proprement parler, et bien que l'armée allemande fut la première à avoir adopté le judo dans le cursus militaire bien avant la première guerre mondiale, le combat au corps à corps ne fut pas poussé plus avant. Quand à l'Etat major allemand, il était fondamentalement hostile aux corps francs et autres « kommandos. » et ce sont les services secrets du IIIe Reich qui auront la primeur dans la création des unités commandos.


C'est en 1938 que les premières unités commandos sont crées sous la direction de l'Abwerh II , la section de destruction et sabotage des services secrets de l'armée allemande sous la direction de l'amiral Canaris. Sous l'Abwerh, les troupes spéciales ont ainsi une grande autonomie et aucun compte à rendre... Il s'agissait d'unités appelés K-trupps (Kampf-Trupp=équipe de combat) préalablement recrutés parmi d'anciens ouvriers de l'industrie Shutz de Pologne. Aux mineurs, cheminots, et mécaniciens appelés à s'infiltrer dans les grands complexes industriels de Pologne ont y adjoint des contrebandiers chevronnés. Le terrain d'action des K-trupps de Canaris couvrait l'Europe et certaines unités composées d'alpinistes furent même envoyées jusqu'en Afghanistan dès 1941 pour exécuter des sabotages en territoire soviétique. Il y avait près de 2000 agents allemands en Afghanistan et Henrich Harrer, auteur de « 7 ans au Tibet » fut peut-être un membre de l'abwerh II . Ces unités sont aussi appelées « Kommandos », mot d'origine portugaise utilisé par les Boers d'Afrique du sud pour désigner des formations légères de 100 hommes capables de harceler des troupes régulières. Les Boers avaient remporté de spectaculaires succès contre les Anglais. Cette organisation de combat est l'½uvre du Dr Theodor-Gottlieb von Hippel, ancien officier du général Lettow Vorbeck qui avait brillamment tenu tête aux alliés en Tanzanie pendant la première Guerre mondiale. Le principe de ces troupes est basé sur l'individualisme et l'initiative, on considère ainsi que les hommes doivent être sélectionnés en fonction de leurs compétences et non dressés... 1939 voit la naissance officielle du Bau-Lerh-bataillon zbV 800 . Selon l'oberleutnant Hugo Klein ce bataillon est composé « de types dont le combat rapproché serait en quelque sorte la distraction favorite ». L'école des « kommandos est située Quenzgut, non loin de la ville de Brandebourg, d'ou le terme de « commandos brandebourgeois » pour désigner les forces spéciales allemandes. La spécificité des « k-trupps » allemands consiste à recourir à à des techniques d'infiltration en utilisant des déguisements. Leurs objectifs consistent le plus souvent à prendre le contrôle de ponts, de n½uds ferroviaires, et de désorganiser l'ennemi. Parmi les compétences requises pour faire parti de ces unités : 1- la maîtrise des explosifs, et la manière de fabriquer soit même ses propres substances explosives ; 2- l'art de piloter de nombreux véhicules : chars, voitures , camions, bateaux, etc... Les « Kommandos » allemands étaient donc des unités offensives intégrées dans un plan d'invasion et d'occupation soigneusement préparé. Ils s'agissait plus précisément d'unités de combat spécialisées dans la prise de contrôle des zones de production ennemies. C'est ce genre d'unités qui ont fait défaut aux Américains lors de la seconde Guerre du golfe de 2003 puisque les Delta Forces et autre « special forces » en T-shirt AC/DC et lunettes Oakley étaient incapables de prendre le contrôle des raffineries, des usines, et de les faire fonctionner...Les « commandos » américains étaient principalement utilisés pour lancer des raids contre les bus se dirigeant vers la frontière jordanienne.... Lorsque l'Abwerh sera supprimée en 1944, les commandos seront remplacés par les SS-jagderbände d'Otto Skorzerny. Les missions changent et ils s'agit le plus souvent d'opération de Kidnapping utilisant des planeurs comme celle qui consistait à capturer Tito à Dvar en mai 1944, mais qui échoua de justesse. Il y eut aussi la capture du fils du général Horthy qui fut couronnée de succès ainsi que le sauvetage de Mussolini, ou « l'opération Griffin » lors de l'offensive des Ardennes, qui fit, en un mois, plus de 19 000 morts parmi les Américains.


A l'époque ou les Allemands mettaient au point les futurs « Kommandos » de l'Abwerh , les Italiens « inventaient » dans le plus grand secret les nageurs de combat modernes.


Il s'agissait pour l'Italie fasciste, de développer de nouvelles formes de guerres non conventionnelles, car c'était l'asymétrie des moyens militaire entre Italiens et Britanniques en Méditerranée qui fut, dès 1935, au c½ur de la réflexion des officiers Teseo Tesei et Elios Tashi qui imaginèrent des moyens d'infiltration subaquatique permettant de transporter des hommes grenouilles et des charges explosives. Avec la création du « Gruppo Gamma »par le Prince Borghèse, les Italiens pensaient qu'il était possible, avec de petits moyens, de couler des navires de guerre au mouillage. La devise de Valerio Borghèse était « infliger le maximum de dégâts avec un minimum de moyens ».L'expérience prouva qu'il avait raison... En décembre 1941, 5 hommes grenouilles allaient rétablir l'équilibre des forces en Méditerranée en coulant le H.M Battleship Valiant, le Queen Elizabeth, ainsi que le pétrolier Sagena.


Les Italiens avaient même préparé le plan d'un raid audacieux contre le port de New York (qui ne fût pas réalisé...).


Comme nous le voyons et contrairement aux idées reçues les britanniques n'ont pas été les inventeurs des commandos, mais ils sont les premiers à avoir remis en valeur « l'arme blanche » dans la guerre moderne ainsi que les missions « d'assassinats »...


Au début du XXe siècle, le policier Fairnbain, qui avait fait ses classes dans Shanghai Municipal Police (SMP), avait appris les bases du combat rapproché dans ce qui était considéré comme le ville la plus dangereuse du monde... En mission dans le quartier des prostitués, il fut attaqué par des hommes de main de Triades et échappa de justesse à la mort après un long séjour à l'hôpital. Lors de sa convalescence, Il remarqua alors une annonce dans un journal local sur un certain professeur Okada spécialisé dans le Ju-jutsu. Bien décidé à apprendre les systèmes de combat asiatique Fairnbain étudia le judo au Kodokan et reçu la ceinture noire et un second dan. Il pratiqua aussi la boxe chinoise avec le maître Cui Jindong. En 1910 le sergent Fairbain est devenu instructeur de close-combat et révolutionne l'entraînement du tir au pistolet en créant une « mystery house », une maison spécialement conçue pour un entraînement réaliste. Il forme la première unité de SWAT avec la SMP Reserve Unit, un groupe d'intervention mobile et fortement armé. On considère qu'il participa à plus de 600 interventions armées contre le milieu criminel de Sahngaï . Il met au point son système « Defendu » , aussi appelé « scientific self defense « qui est adoptée par de nombreuses polices coloniales.


Fairnbain devait ses succès à une parfaite connaissance des arts martiaux européens et asiatiques, ainsi qu'a son pragmatisme et une bonne dose de cynisme... La plupart des maffieux Chinois étant des pratiquants de Kung-Fu, qui n'hésitaient pas à faire usage d'armes à feux ; les forces de l'ordre se heurtaient à une forte résistance. A l'arrivée de Fairnbain les règles du jeu changèrent. Celui-ci mis au point un système de combat dont l'objectif était d'annuler la supériorité martiale des Triades. Le principe de base était le corps à corps violent, rapide et définitif. Sa réorganisation de la police en unités de combat suffit à transformer Reserve Unit en terreur des Triades.


Lors de la seconde Guerre mondiale, les talents de Fairnbain furent mis à contribution dans la création des unités de commandos, qui reprenaient le nom préalablement utilisé par les services allemands de l'amiral Canaris.


Fairnbain se heurta rapidement à un problème complexe sur le rôle même de ces troupes d'élite. Celle-ci ne devait pas seulement s'approcher de l'ennemi, mais s'infiltrer au c½ur du dispositif ennemi et détruire ses centres névralgiques. Au concept de furtivité s'ajoutait celui inévitable de tuer des ennemis sans se faire repéré. A la différence des missions spéciales allemandes qui se focalisait sur le contrôle de positions clés ou le « kidnapping », les commandos britanniques devaient aussi être utilisés en missions d'assassinats contre des officiers nazis de haut rang...Pour s'approcher de ces cibles de choix l'éventualité de tuer des sentinelles était présente et nécessaire. Pour Fairnbain, la capacité technique de tuer un individu à mains nues, si elle est possible n'est pas donnée à tous le monde, et seuls quelques rares individus en sont capables... Il préconisa l'utilisation de la dague de combat qui ne nécessite pas un long entraînement puisqu'il considérait le poignard comme l'arme la plus meurtrière même dans la main d'un débutant... Le second problème tenait dans la nature même de l « assassinat », n'importe quelle personne sous le coup de la passion ou de la colère peut tuer, mais il existe un fossé gigantesque entre ce crime passionnel et le fait de tuer de sang-froid une sentinelle de 19 ans en lui sectionnant la carotide tout en coupant ses cordes vocales... Fairnbain, en connaisseur de la nature humaine, savait que très peu d'hommes sont capables de tuer de sang-froid... Et les opérations de commandos ne sont pas des opérations de police qui obéissent encore à des règles, en territoire hostile, il n'existe plus d'autre règle que « tuer ou être tué » aucune hésitation n'est donc permise. Si Fairnbain, avec le poignard, possédait l'arme absolue du commando, il lui manquait l'homme capable de l'utiliser sans faillir. Ce nouveau problème le faisait revenir à son point de départ... L'impossibilité d'entraîner des hommes à tuer à mains nues pendant des années, se heurtait aussi à l'impossibilité d'entraîner des hommes à tuer au couteau...


Comme dans ses années chinoises Fairnbain fit appel à son légendaire cynisme... Considérant que la meilleure école du crime n'est ni l'armée, ni l'école, mais la rue... Fairnbain se souvenait de la férocité et de la volonté sans failles des criminels de Shanghai. À force de les combattre, il avait appris à les respecter et à entrevoir la manière d'utiliser l'énergie violente des hommes de l'antimonde... Les commandos britanniques chargés de tuer les criminels nazis seront donc issus du milieu criminel de l'Empire... Fairnbain sélectionna alors des prisonniers de droits communs en sachant qu'ils n'auraient aucune hésitation à tuer, puisque la violence était leur métier... On comprend dès lors comment les Anglais ont pu envisager d'utiliser des germes du bacille de la Peste contre Heydrich, ou même de préparer un plan pour assassiner Hitler dans son nid d'aigle...


Depuis, les armées modernes se sont efforcées de résoudre « le dilemme de Fairnbain », mais suivant les cultures et les préjugés de classes, les blocages ne sont pas les mêmes. Les corps francs français ou allemands issus des milieux ouvriers et paysans avaient encore une tradition de violence révolutionnaire, quand aux Arditi italiens, ils s'appuyaient sur un mélange de futurisme, de garibaldisme et de romantisme héroïque à la D'annunzio. Car l'art de tuer est d'abord un lien culturel, et sans ce lien, sans la furia du guerrier antique, l'homme perd pied, et sombre dans une folie sans recours...


L'armée américaine, quant à elle, se heurtait à un problème culturel préoccupant, car l'Américain de 1942 ne ressemblait plus à celui de 1863...Particulièrement aux fameux Mosby rangers des troupes confédérés qui pratiquaient la tactique efficace du « hit and run » contre les armées nordistes. Opérants derrière les lignes ennemies, les rangers étaient des tueurs redoutables, attaquant toujours l'ennemi à son point faible. John S. Mosby, lui-même, chargea un régiment de l'Union avec seulement neuf hommes, et le mis en déroute... En 1940 l'Amérique des Davy Crockett, James Bowie, Jim Bridgers et autres durs à cuir de la conquête de l'Ouest étaient de lointaines « légendes »... La prospérité et la puissance américaine avaient créé une société entièrement nouvelle ou une classe moyenne protégée vivait comme coupée d'une société encore extrêmement violente dans ses marges. Le recrutement de « criminels » dans les armées modernes devenant moralement impossible, l'US Army mis au point un système unique de conditionnement... La plupart des jeunes recrues « blanches » Américaine venant de ces classes moyennes et ayant été élevées dans une ambiance permissive et facile, le problème consistait à transformer ces « collèges boys » en assassins potentiels ... Mais les solutions furent souvent pires que le choix cynique du créateur des commandos britanniques. Humiliations, brimades, destruction de l'ego, le jeune soldat américain passe par une initiation accélérée « à rebours » ou il doit désapprendre tout ce qu'il considérait comme juste. Ce passage traumatisant, doit conduire à créer un individu totalement déconditionné de son ancienne vie et inféodé aux règles et aux ordres de ses supérieurs. La guerre du Viet Nam, montra cependant les limites d'un tel système face à une situation militairement inextricable. Le recours aux drogues de combats (LSD-Amphétamines) expérimentées pendant ces années accentua encore les cas des traumatismes psychiatriques de l'armée américaine, traumatismes dont la fréquence ne se retrouve dans aucune autre armée. Les fameux « Gulf War syndrome » survenus après 1991 , ne sont vraisemblablement rien d'autre que les conséquences de cette « frankensteinisation » ou de l'art de transformer artificiellement un brave garçon en assassin... Fairnbain aurait pu dire que les cas de « folie » dans les commandos britanniques étaient très rares, puisque d'un certain point de vue, la plupart étaient déjà fous...On pourrait dire la même chose des guerriers grecs de l'Illiade souvent pris d'accès de folie meurtrière. Chose « naturelle » et non choquante pour Homère... Même Ulysse, le plus « humain » des héros homériques, commet une véritable « tuerie » en éliminant les prétendants de Pénélope à son retour à Ithaque , alors que son cher fils égorge sans pitié les servantes après les avoir pendues par les pieds. Beaucoup d'accès de démences qui conduisent aux massacres de civils innocents comme lors de la guerre du Viet Nam, semblent liés au traumatisme du « stress de combat ». Les médecins ont ainsi confirmé qu'un homme normal soumis au stress de combat pendant plus de 30 jours, s'écroule psychologiquement... et devient dangereux... l'ouvrage de Gabriel R.A « Il n'y a plus de héros. Folie et psychiatrie dans la guerre moderne »(1990) nous montrent que seuls les « sociopathes » et autres psychopathes sont capables de s'épanouir dans ces circonstances extrêmes. C'est pour ces raisons « psychologiques » que le soldat de base des armées modernes doit théoriquement être relevé tous les 15 jours en situation de combat... ce qui le rend le plus souvent inapte pour les opérations commandos dont la préparation et la mise en ½uvre peut être longue et difficile...


On assiste au paradoxe de la guerre moderne qui veut que le soldat d'élite soit capable des mêmes prouesses que le guerrier antique : combattre à l'arme blanche et au corps à corps ...


Tous les systèmes militaires de combat à mains nues ou au couteau sont confrontés au dilemme de Fairnbain et la plupart échouent à le résoudre... Sentant la nécessité de donner aux soldats d'élite des connaissances en « close-combat », des systèmes simplifiés ont été mis au point, mais aucun ne répond à la finalité du « tuer ou ne pas être tué »... Leurs simplicités même les rendent facilement assimilables, mais cette simplicité est aussi incapable de s'approcher de la complexité psychologique d'un « meurtre » violent. A ce titre, il est significatif que la dague mise au point par Fairbairn et Sykes ait été « humanisée » par Rex Applegate pour les commandos américains. Le paradoxe, c'est que Fairnbain lui-même « ne croyait pas » à son système, puisqu'il se reposait sur l'expérience « initiatique » des droits communs... Le système de Fairnbain n'était rien d'autre qu'un « outil » à mettre dans la main de véritables spécialistes... Même si ce rapprochement peut choquer, le close-combat militaire (CQC) ne pouvait fonctionner que sur un système déjà en place. Le milieu criminel avec sa violence, ses castes, et ses guerres fratricides, faisait office d'un « art martial brut » sur lequel Fairnain pouvait s'appuyer. Fairnbain lui-même devait son initiation à une longue pratique des arts martiaux, et à la répétition des mises à mort « symbolique » et a son expérience pratique de policier. Mais cette voie, longue et personnelle ne pouvait irriguer suffisamment la guerre moderne avec ses millions de combattants. Le milieu criminel, et il le savait pour l'avoir combattu, avait des ressources humaines inépuisables... Le dilemme de Fairnbain a le mérite de démontrer que le close-combat militaire ne peut fonctionner qu'au sein d'une tradition, qu'elle soit martiale ou culturelle. Il met aussi en avant les contradictions de la guerre moderne entre une puissance de feu phénoménale parfois impuissante à déloger des positions ennemies, alors que quelques dizaines d'hommes armés de dagues en sont potentiellement capables... La distance courte, que l'on nomme « serrada » dans les arts martiaux philippins, devient paradoxalement le fait des unités les plus performantes... Ainsi, les nageurs de combats italiens infligèrent de lourdes pertes aux britanniques pendant la seconde Guerre mondiale, les commandos allemands de Skorzeny, à plusieurs reprises, faillirent mettre en péril le cours de la guerre, quant aux commandos britanniques, les nazis les redoutaient tant, qu'ils essayèrent de les diaboliser à leurs profits afin de montrer les méthodes « indignes » des britanniques... et Hitler proclama en octobre 1942, les infâmes « Kommandos orders » qui prévoyait l'exécution de tous les commandos capturés. Pendant la guerre de Corée, les Chinois appliquèrent la méthode du « serrada stratégique » en collant l'ennemi le plus près possible, réduisant au minimum leurs lignes logistiques, et annulant de facto la puissance aérienne des Américains. La Corée du Nord à repris ce mode de déploiement sur la ligne de front et est certainement aujourd'hui le pays qui possède le plus grand nombre d'uniates commandos...afin de préparer la guerre de demain... Tant il est évident que le combat au corps à corps, dans le monde des missiles et des satellites, est encore la terreur des stratèges informatiques... C'est aussi la distance la plus dangereuse, la plus incertaine, celle qu'il est impossible de simuler.

La video est d'époque : Fairbairn and Applegate conducting OSS Training at the Unite


# Posté le vendredi 26 octobre 2007 04:59

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 02:13

La self-defense: définition

« La self-défense est l'ensemble des moyens (relationnels, stratégiques et techniques) permettant de se soustraire à différents types d'agressions. Cette apparente liberté dans les moyens ne doit cependant en aucun cas conduire la self-défense être le laboratoire d'expérimentations techniques ou comportementales hasardeuses, pour ne pas dire dangereuses.

Une self-défense réaliste et rationnelle, qui sera applicable par le plus grand nombre (je ne dis volontairement pas « tout le monde », car le facteur humain est le plus important dans la self-défense, et il se peut qu'une personne soit, pour diverses raisons, momentanément incapable de restituer les techniques apprises auparavant) doit aborder plusieurs domaines:

- Les techniques pour éviter l'affrontement qu'il soit verbal ou physique : l'attitude verbale et comportementale doit rester pondérée au maximum, afin de briser la dynamique de conflit
- La psychologie : il faut tenir compte de l'état psychologique de « l'agressé(e) » comme de celui du ou des agresseurs. Il convient ici de souligne qu'une personne peut perdre jusque 70% de ses moyens en situation de stress.
- Les techniques « de survie », en cas d'engagement physique : techniques de dégagement, de parade, de riposte, de projection et de neutralisation
- Des situations réalistes : pratiquer des mises en situation en tenue de ville, dans différents lieux, sans prévenir l'élève qui servira de victime afin de le placer dans des circonstances matérielles, techniques et psychologiques aussi proches que possible de la réalité.
- La légitimité des techniques employées par rapport à l'agression au regard du cadre légal français (aspect qui est très souvent occulté au profit de la technique pure).

Même si la self-défense donne des résultats plus rapides que certaines autres disciplines sportives, il ne faut jamais oublier que c'est la répétition gestuelle et la préparation mentale qui font la différence lors de situations conflictuelles difficiles ».
Cette façon d'aborder la self-défense se traduit, pour le grand public, par une progression par échelons de couleur (de blanc à noir), qui prend en compte tous les points cités ci-dessus. Si, comme pour toute méthode de self-défense, nous n'avons pas inventé les techniques qui la composent, la méthode Combatives Hapkido SELF-DEFENSE est néanmoins de l'aboutissement de la mise en commun de plusieurs années de travail et d'expériences professionnels dans la sécurité et lors de stagesd'experts en arts martiaux et self pro. Ainsi, trié, épuré et synthétisé les gestes les plus applicables d'un grand nombre de disciplines martiales et sportives, afin d'arriver au meilleur compromis entre la facilité d'assimilation et de restitution, l'efficacité des techniques et le respect des lois et de la vie humaine.


# Posté le samedi 03 novembre 2007 06:10

Modifié le mardi 06 novembre 2007 11:32